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11 Jan

Le Canada affiche une vigueur inattendue quant a la croissance de l’emploi et a l’excedent commercial

General

Posted by: Violeta Pirvu

 Canadian Economy Rebounds in Q3
 
Le rapport de décembre sur l’emploi a démontré une vigueur sans équivoque, affichant un gain de 53 700 emplois (0,3 %), à la suite d’une hausse du travail à temps plein. Finalement et pour la première fois cette année, les emplois à temps plein ont dépassé les emplois à temps partiel. Comme les personnes actives sur le marché du travail étaient plus nombreuses, le taux de chômage a augmenté de 0,1 point de pourcentage pour atteindre 6,9 %. Cela démontre que l’économie peut absorber le manque à gagner qui a maintenu les taux d’intérêt près des bas niveaux records.

Les emplois à temps plein ont augmenté de 81 300 en décembre comparativement au mois précédent, la hausse la plus importante depuis mars 2012, et même en retranchant les 27 600 emplois à temps partiel, le gain total des emplois de 53 700 a pulvérisé les prévisions des économistes qui s’attendaient à un faible déclin.

Pour l’ensemble de l’année 2016, l’emploi a crû de 1,2 %, comparativement à un taux de croissance de 0,9 % en 2015. Le nombre d’emplois a augmenté de 214 000 l’année dernière, la croissance de décembre à décembre la plus rapide depuis 2012.

Le Québec et la Colombie-Britannique ont enregistré des hausses de l’emploi en décembre, tandis que les autres provinces ont observé peu de variation. En 2016, et pour la deuxième année consécutive, la Colombie-Britannique a enregistré le taux de croissance de l’emploi le plus élevé à l’échelle provinciale, soit 3,1 %. La hausse s’est répartie également entre le travail à temps plein et le travail à temps partiel et s’est produite dans bon nombre de secteurs.

Dans un autre rapport, la balance commerciale du Canada a affiché un excédent en novembre pour la première fois depuis septembre 2014, passant d’un déficit de 1,0 milliard de dollars en octobre à un excédent de 526 millions de dollars en novembre. Les exportations ont augmenté de 4,3 % en raison d’une croissance des exportations de produits en métal et des produits minéraux non métalliques, ainsi que des exportations records à destination de pays autres que les États-Unis. Les

importations ont crû de 0,7 %, principalement sous l’effet d’une hausse des importations de produits énergétiques.

Les données peuvent indiquer au gouverneur de la Banque du Canada Stephen Poloz que la reprise économique tant attendue repose finalement sur une base solide. Avant sa décision du 18 janvier sur les taux, M. Poloz insiste sur le fait qu’il y a suffisamment de jeu dans le marché de l’emploi qui pourrait ajouter à la divergence quant à la reprise économique aux États-Unis.

Le gain dans l’emploi a fait en sorte que le quatrième trimestre a été le meilleur depuis 2010 et que l’année 2016 a été une année remarquable par rapport aux années de faible embauche depuis la Deuxième Guerre mondiale. L’excédent commercial signifie que les entreprises énergétiques et de fabrication en difficulté peuvent contribuer à la croissance grâce aux dépenses des consommateurs dans les secteurs du logement et des automobiles. Cela pourrait survenir juste à temps pour compenser ce qui pourrait être un ralentissement dans le logement au Canada cette année, dans la foulée des initiatives hypothécaires du gouvernement fédéral visant à resserrer les conditions en matière de crédit hypothécaire.

Taux de chômage provinciaux en décembre en ordre décroissant (en pourcentage) (Mois précédents entre parenthèses)

— Terre-Neuve-et-Labrador    14,9 (14,3)
— Île-du-Prince-Édouard        10,7 (10,8)
— Nouveau-Brunswick            9,4 (8,7)
— Alberta                               8,5 (9,0)
— Nouvelle-Écosse                 8,3 (8,0)
— Québec                              6,6 (6,2)
— Saskatchewan                    6,5 (6,8)
— Ontario                               6,4 (6,3)
— Manitoba                            6,3 (6,2)
— Colombie-Britannique          5,8 (6,1)

Aux États-Unis, l’emploi augmente alors que la hausse des salaires est la plus importante depuis 2009

Aux États-Unis, le nombre d’emplois non agricoles a augmenté de 156 000 en décembre. Bien que ce nombre soit inférieur aux prévisions des économistes, il s’agit d’un gain important indiquant que l’économie est près du plein emploi. Le taux de chômage a augmenté à 4,7 % alors que la population active a augmenté. La pénurie de travailleurs est devenue plus fréquente aux États-Unis, cela exerçant une tension à la hausse sur les salaires. Le marché de l’emploi contribuera à faire augmenter les dépenses de consommation en 2017.

Selon Bloomberg News, le rapport sur l’emploi le plus récent a révélé un gain de 2,16 millions pour 2016, après un gain d’environ 2,7 millions en 2015. Le nombre de hausses consécutives supérieures à 2 millions est le plus important depuis 1999, alors que Bill Clinton était président.

Parmi les détails du rapport de décembre, notons que le taux de participation au marché du travail, qui démontre la part des personnes en âge de travailler, a augmenté à 62,7 %, comparativement à 62,6 %. Il a oscillé près de son niveau le plus faible en plus de trois décennies surtout en raison des changements démographiques.

Certaines mesures de la morosité du marché de l’emploi ont affiché de l’amélioration. Le nombre d’Américains qui travaillent à temps partiel et qui préféreraient occuper un poste à temps plein a chuté à 5,6 millions. Le taux de sous-emploi, qui comprend les travailleurs à temps partiel qui préféreraient occuper un emploi à temps plein et les personnes qui veulent travailler mais qui ont cessé de chercher emploi, a descendu à 9,2 % alors qu’il se situait à 9,3 %.

Conclusion : la Réserve fédérale américaine continuera sans aucun doute à augmenter les taux d’intérêt cette année. L’administration Trump entre en fonction le 20 janvier et a promis de réduire les impôts, d’augmenter les dépenses en infrastructure et de réduire les règlements. Cette stimulation fiscale relancera l’activité économique en 2018 et entraînera des déficits budgétaires plus élevés. Les marchés obligataires sont déjà dépréciés en prévision de telles décisions, faisant augmenter davantage les taux hypothécaires au Canada.

Dre Sherry Cooper
Économiste en chef, Centres hypothécaires Dominion
drcooper@dominionlending.ca